Alexandre
De Oliver Stone
Avec Colin Farrell, Angelina Jolie, Jared Leto, Val Kilmer, Anthony Hopkins, Rosario Dawson, Christopher Plummer...
Hasard ou coïncidence : les deux derniers films que j'ai vu au cinéma ont été réalisés par des Oliver! Hasard ou coïncidence : sous couvert de film historique, ces deux oeuvres sont avant tout humaines. Hasard? Je n'y crois plus : les deux films nous narrent la déchéance de deux têtes connues de l'histoire.
Ainsi après Hitler, voici, dans un tout autre genre, Alexandre, aka Alexandre le Grand.
Oliver Stone, provocateur né, nous a t'il pondu un péplum sans originalité?
Sans révolutionner le genre certes mais pas sans originalité. Ainsi, Alexandre se veut d'abord,
et c'est une première surprise, didactique. On sent réellement la volonté de nous informer
(et de nous passionner) sur une histoire d'un autre temps qui,
manifestement, touche beaucoup le réalisateur. Les dialogues sont vraiment
nombreux et occupent la major partie du film (2h50 quand même). Voilà qui ne
nous facilite pas l'implication dans le film. C'est donc là la première surprise
: Alexandre n'est pas qu'un blockbuster grand public.

Si ça reste fastidieux au départ, le spectateur ne tarde pas à totalement s'immerger dans l'histoire grâce notamment à un Colin Farrel, qui, contre toutes attentes, joue bien (et même si j'aime Cine Live je me permets de leur jeter la pierre pour avoir dit que les défauts du film lui étaient en grande partie imputables). On le sent très impliqué dans son rôle de personnage torturé, bien plus profond que le Achille de Brad Pitt auquel il fait souvent référence
Et puis chassez le naturel, il revient au galop. Si le rôle de Jared Leto est sous-exploité par rapport à l'importance qu'a pu avoir le personnage d'Héphaïstion dans la vie d'Alexandre, une tension sous-jacente parcours le film : l'homosexualité, jamais dévoilée, souvent évoquée, sans tabou aucun. Difficile alors de comprendre comment Oliver Stone peut céder aussi facilement au point de nous montrer la scène d'amour entre Alexandre et sa femme Rosario Dawson.
Pour finir, parlons un peu des batailles : grandioses certes mais on n'en a vu d'autres. Heureusement Oliver Stone les filme comme il filmait ses matchs de football américain dans l'Enfer du Dimanche : à hauteur d'hommes, elles s'avère particulièrement sanglantes. Mieux encore : il nous surprend agréablement par des prises de vue aériennes efficaces. Et que dire de cette baston mythique en pleine jungle qui s'achève par une scène magnifique? Seuls quelques thèmes musicaux un peu trop héroïques nous ramènent sur le plancher des vaches.
Un film dans lequel on a du mal à entrer et qu'on peut ne pas apprécier par sa non conformité et son austérité. Mais il reste un péplum assumé et dicté par la passion. C'est ce qui fait toute sa force.
3/5
